Dans ma pratique de tous les jours je rencontre de plus en plus de gestionnaires de grandes entreprises se sentant bousculés par les défis que posent aujourd’hui le web. Remarqué qu’on serait tenter de dire : eh bin, il est temps qu’ils se réveillent! Mais l’affirmation comme l’équation n’est pas si simple qu’il en paraît d’autant plus que ces derniers, les décideurs, ont dû composer et compose toujours avec un ralentissement économique qui a imposé sa loi des mesures de guerre.
Il ne faut pas se leurrer, nous sommes toujours au front et ce, même si les tirs de mortiers lourds se sont quelque peu espacés et que quelques bonnes nouvelles font office de drapeau blanc afin que cesse les hostilités. Il y a un vieux dicton dans l’industrie des technologies de l’information qui veut que nous soyons toujours les premiers à subir les contrecoups d’un ralentissement ou d’une crise économique mais que nous sommes toujours aussi les premiers à en sortir. Très honnêtement, ayant vécu professionnellement au moins trois crises semblables en plus du dégonflement de la bulle technologique de 2000, je déclare sans ambages : C’est vrai…..
Ce qui est aussi vrai, est le fait que la grande entreprise fait maintenant face à de nouveaux défis provoquer par l’évolution du média web. Sans prétention, j’en expose ici quelques uns qui nous reviennent de plus en plus souvent en cabinet conseil.
L’utilisation des logiciels du type Open Source
Débat combien intéressant qui bouleverse bien sûr l’industrie établi et qui oblige les décideurs à prendre position favorable vers une quasi industrie parallèle favorisant la gratuité (donc potentiellement intéressant au niveau de la réduction de coûts) mais qui ne garantit pas (du moins pas encore totalement) la pérennité des produits. Dilemme moral, économique et stratégique.
Le web 2.0 et les médias sociaux
C’était tellement plus simple de se faire livrer le verbatim des principaux médias sur son bureau le matin, d’en dégager les grandes tendances et de prendre action en conséquence. En fait je parle au passé simplement par gentille provocation puisque bien sur les médias écrits et électroniques traditionnels ont toujours leurs places, cependant celle-ci est inexorablement érodée par les médias sociaux. De plus en plus de décideurs comprennent que les médias sociaux ne sont malheureusement pas simplement une plateforme de clavardage que leurs adolescents utilisent. Le poids média des médias sociaux est devenu important, impossible de gérer une marque, une entreprise, une réputation, une communication efficace sans considérer les médias sociaux. Dilemme communicationnel.
Gestion des ressources humaines
Avec la mondialisation, l’accessibilité des pays émergeants aux marchés mondiaux et leur industrialisation a provoqué l’effondrement ou du moins une crise sévère dans l’industrie manufacturière en Amérique du Nord. On produit en Chine et ailleurs pour beaucoup moins cher. Naturellement nous nous sommes tournés vers la matière première la plus importante qui soit, l’or gris; nos cerveaux! Pour performer, se démarquer et maîtriser des marchés on doit posséder les meilleurs éléments humains. Or, il n’a jamais été aussi facile de changer de boulot grâce au web en partie. Les Workopolis, Monster ou Linkedin de ce monde permettent à n’importe quel employé de se vendre via le web à un réseau mondial d’entreprises prêtes à les débaucher. Dilemme humain.
Impartition ou non
Pour beaucoup de grandes entreprises la question se pose, le média web évolue à vitesse grand V, les technologies s’y rapportant également, il est devenu hasardeux et coûteux d’avoir une infrastructure web dans l’entreprise quand le core business est tout autre. Par contre, puisque le web est maintenant omniprésent dans toutes les ramifications de l’entreprise (ressources humaines, relation avec les investisseurs, relation avec la clientèle, ventes et services après vente, communication générale etc.) doit-on confier à l’externe des fonctions vitales du fonctionnement de l’entreprise? Dilemme structurel.
Je pourrais en lister encore quelques uns mais ceux-ci m’apparaissent pour l’instant tellement criant que j’ai l’impression d’entendre l’écho du big-bang….technologique!