Articles pour le mot-clé ‘décideurs’


Soyez API

6 novembre 2009 | par Damien Lefebvre

Comme si le web ne regorgeait pas déjà suffisamment de sigles en tous genres, en voici un nouveau dont vous allez entendre parler de plus en plus : « API » pour Application Programming Interface. Cet acronyme peu engageant pour les non-initiés, se traduit généralement par interface de programmation.

L’essor d’internet a forcé les industries à repenser leur modèle d’affaires, ainsi que leur stratégie marketing. Le principal enjeu pour une entreprise est de migrer sur le web en adaptant en ligne son modèle d’affaires traditionnel tout en évitant l’erreur qui consiste à simplement le convertir. Il faut « penser différemment », pour paraphraser la signature publicitaire d’un constructeur informatique fruité.

Oui mais, concrètement…, ça sert à quoi, les API ? Eh bien, prenons l’exemple du site web de la Société de transport de Montréal (STM), qui lancerait un programme d’API et rendrait ainsi disponible son contenu : sa base de données et ses outils de recherche. Cela permettrait alors à un développeur X (un individu ou une société) d’utiliser ce contenu pour créer différentes applications (widgets, applications pour smartphone…). Si l’application conçue est commercialisée et génère des profits, la STM peut alors conclure des partenariats commerciaux avec X ou envisager de commercialiser l’accès à son API sur une base forfaitaire. C’est gagnant-gagnant : X utilise gratuitement le contenu de la STM, qui, de son côté, bénéficie de cette diffusion auprès d’autres publics.

Les API n’ont cependant rien de nouveau, certains ouvrages spécialisés en faisaient déjà mention en 1995. Ce qui est nouveau, en revanche, c’est leur intégration dans la stratégie de distribution des entreprises et le fait que la communauté web au sens large (développeurs et organisations) s’en empare.

Le monde de la radio n’est pas en reste, et le chef de file dans ce domaine est NPR (National Public Radio), la radio publique américaine, qui a lancé en 2008 un programme d’API ayant connu un véritable succès, avec plus de trois millions de requêtes par mois et plus de 2000 membres enregistrés.

Grâce à ce programme, NPR a mis à disposition tout son contenu actuel et ses archives depuis 1995. Résultat ? De nombreux sites ont repris et diffusé le contenu de NPR, et plusieurs applications ont vu le jour, dont une qui fait actuellement un tabac sur l’iPhone : NPR Addict. NPR, qui n’a pas déboursé un sou en développement, tire des bénéfices de cette application en concluant des partenariats commerciaux.

Autre exemple, Last.fm, l’un des sites d’écoute de radio en ligne les plus populaires, a également mis à disposition son contenu et sa technologie au moyen des API. Là encore, le succès est au rendez-vous, car plusieurs centaines de sites et autres « mash-up musicaux »* sont nés grâce à Last.fm.

À Montréal, StreamTheWorld, une entreprise qui fournit des services de transmission multimédia en continu (streaming), connait actuellement un grand succès grâce à une application permettant d’accéder à plusieurs radios par iPhone. L’entreprise travaille d’ailleurs présentement à l’intégration dans sa plateforme d’API pertinentes et sur mesure pour ses clients.

La radio constitue un exemple parmi d’autres, toutes les industries sont en réalité concernées. Des sociétés comme Best Buy et Amazon ont également lancé un programme d’API et établi des partenariats commerciaux profitables.

Les API bouleversent le monde du web ; il devient donc nécessaire pour les entreprises de les intégrer à leur stratégie de marketing. Et si le côté technologique peut parfois rebuter certains décideurs, sachez qu’il est très facile, à l’occasion d’une refonte de site, d’intégrer un tel programme. Ne pas avoir une stratégie de programme API reviendrait à ne pas faire de l’optimisation pour les moteurs de recherche (search engine optimization) pour votre site, ce qui serait impensable aujourd’hui. La mise en place des API permet de bâtir un nouveau canal de distribution sur du long terme en réalisant des économies sur les dépenses en communication (coût par clic et autres médias).

1. Site internet dont le contenu provient de la combinaison de plusieurs sources d’information.

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Les médias sociaux et le web 2.0 bousculent les pratiques d’affaires et de gestion des petites comme des grandes entreprises, influençant ainsi significativement des activités telles le recrutement, les relations avec les investisseurs, les relations publiques voire l’image de marque. Voici l’Entreprise 2.0.

C’est Obama ou Kennedy qui disait : Ne vous demandez pas ce que l’état peut faire pour vous mais bien ce que vous pouvez faire pour l’état. ? Ce sont des paroles célèbres de JFK bien Barack Obamasur, mais je vous parie que si vous le demandiez à 50 personnes âgées entre 20 et 35 ans ils vous répondraient sans hésiter en très forte proportion: Obama voyons! Pourquoi? Simplement parce que son rayonnement obnubile la sphère sociale à un point tel qu’il jette ombrage à la plupart des autres politiciens fussent-ils du présent ou du passé. Mon propos n’est pourtant pas politique, mais lorsqu’Obiwan Obama a décidé de privilégier les médias sociaux pour annoncer la nomination de Joe Biden au titre de vice-président, il a apposé le sceau royal sur le média des médias. Le 15 janvier 2009 quand la catastrophe évitée de l’avion de l’US Airways amerrit sur la rivière Hudson a été retransmise mondialement par le réseau Twitter avant tout autre média, le journalisme de reportage a pris le sentier du mercenariat.

Alors dans cette perspective historique je suis tenté de virer de bord la fameuse parole de Kennedy et de poser la question suivante; Décideurs, ne vous demandez pas ce que le web 2.0 pout faire pour vous mais bien ce que vous pouvez faire pour le web 2.0. En d’autres mots, les entreprises qui demeurent dans une position attentiste ou qui a tout le moins ne sont pas partie prenante d’une stratégie d’intégration du web 2.0 dans leur pratiques d’affaires risquent de regarder la parade plutôt que d’en faire partie.

Ah je sais, plusieurs me diront : Arrête donc de brandir des épouvantailles! Wouais, on me disait cela il y a 15 ans pour le média écrit …aujourd’hui c’est tellement évident que toutes les activités du monde social et économique sont infiltrées, et que coule dans leurs veines le web 2.0. Pas besoin d’être devin, Kennedy ou Obama pour l’affirmer!

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J’assistais récemment à une conférence traitant  des nouveaux outils web et dans ce cadre écoutait une conférence d’un jeune prêcheur qui pourfendait les vieux décideurs à grosses faces et aux cheveux gris qui n’avaient rien compris. Bien entendu du haut de mes 53 ans,  gras du bide  et juste un peu beaucoup de gris je me suis senti interpellé! Le seul trait de caractère qui ne m’allait pas dans cette description très subtile de nos décideurs et décideuses québécoises est le fait que je navigue et entend les discours de ces faux prophètes du web depuis plus de 15 ans, ceux qui ont prêcher à tour de rôle que hors du push, du pull ou du flash il n’y avait point de salut. La plupart de ceux-ci ils sont disparus du paysage du web montréalais, lapidés au oubliés, et lorsqu’ils ont criés dans la vallée : Père pardonnez-leur car ils n’ont rien compris… il ne s’est trouvé personne pour les pleurer. Alors voici en peu de  mots ma réaction épidermique à tous ces faux prophètes actuels qui clament trop haut et fort que hors des médias sociaux point de salut, et que nous n’avons rien compris.

Premièrement je serais tenté, en vieux sage que j’suis (!), de confier deux paraboles forts simples que ces faux prophètes auraient intérêt à écouter. La première vient probablement d’un vieux cheminot grisonnant qui dit : Pour bien savoir ou l’on va, encore faut-il faut savoir d’où l’on vient… La seconde, est que: Pour ceux qui croient que lire le texte résumé de la page arrière de la couverture d’un livre est suffisant pour comprendre les nuances exposées dans les 375 premières pages d’un livre, qu’ils se gourent royalement.

Comprenez-moi bien, je reconnais d’emblée que le phénomène des médias sociaux est un méga phénomène planétaire et il y a beaucoup d’intervenants à Montréal comme ailleurs qui l’aborde de façon lucide et éclairée, ceux-ci ne se sentiront pas interpelés par mon propos j’en suis certain et auront tendance à décrier les sermonneurs. Quand on me sert justement le sermon que les médias sociaux sont TOUT, au lieu que ceux-ci font partie d’un tout beaucoup plus complexe, voici un discours doctrinaire auquel je ne veux et ne peut adhérer.

Chers décideurs et décideuses qui avez commis l’erreur de naître dans les années 40, 50 ou 60, gardez la tête froide, pour la plupart d’entre vous les décisions que vous avez prises ces 5, 10 voire 15 dernières années  sont la preuve que vous avez probablement compris certaines choses. Que l’on vous propose de vous accompagner dans la découverte d’une nouvelle tendance planétaire qui influence à coup sur le cours de vos affaires soit, mais que l’on vous propose de vous convertir en vous agenouillant tête baissée à l’autel de l’inculte pour recevoir le baptême de la nouvelle ère et l’inspiration divine, non, simplement non.

Mais ais-je vraiment besoin de vous dire cela? Je ne crois pas, vous l’avez bien compris.

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Dans ma pratique de tous les jours je rencontre de plus en plus de gestionnaires de grandes entreprises se sentant bousculés par les défis que posent aujourd’hui le web. Remarqué qu’on serait tenter de dire : eh bin, il est temps qu’ils se réveillent! Mais l’affirmation comme l’équation n’est pas si simple qu’il en paraît d’autant plus que ces derniers, les décideurs, ont dû composer et compose toujours avec un ralentissement économique qui a imposé sa loi des mesures de guerre.

Il ne faut pas se leurrer, nous sommes toujours au front et ce, même si les tirs de mortiers lourds se sont quelque peu espacés et que quelques bonnes nouvelles font office de drapeau blanc afin que cesse les hostilités. Il y a un vieux dicton dans l’industrie des technologies de l’information qui veut que nous soyons toujours les premiers à subir les contrecoups d’un ralentissement ou d’une crise économique mais que nous sommes toujours aussi les premiers à en sortir. Très honnêtement, ayant vécu professionnellement au moins trois crises semblables en plus du dégonflement de la bulle technologique de 2000, je déclare sans ambages : C’est vrai…..

Ce qui est aussi vrai, est le fait que la grande entreprise fait maintenant face à de nouveaux défis provoquer par l’évolution du média web. Sans prétention, j’en expose ici quelques uns qui nous reviennent de plus en plus souvent en cabinet conseil.

L’utilisation des logiciels du type Open Source

Débat combien intéressant qui bouleverse bien sûr l’industrie établi et qui oblige les décideurs à prendre position favorable vers  une quasi industrie parallèle favorisant la gratuité (donc potentiellement intéressant au niveau de la réduction de coûts) mais qui ne garantit pas (du moins pas encore totalement) la pérennité des produits. Dilemme moral, économique et stratégique.

Le web 2.0 et les médias sociaux

C’était tellement plus simple de se faire livrer le verbatim des principaux médias sur son bureau le matin, d’en dégager les grandes tendances et de prendre action en conséquence. En fait je parle au passé simplement par gentille provocation puisque bien sur les médias écrits et électroniques traditionnels ont toujours leurs places, cependant celle-ci est inexorablement érodée par les médias sociaux. De plus en plus de décideurs comprennent que les médias sociaux ne sont malheureusement pas simplement une plateforme de clavardage que leurs adolescents utilisent. Le poids média des médias sociaux est devenu important, impossible de gérer une marque, une entreprise, une réputation, une communication efficace sans considérer les médias sociaux. Dilemme communicationnel.

Gestion des ressources humaines

Avec la mondialisation,  l’accessibilité des pays émergeants aux marchés mondiaux et leur industrialisation a provoqué l’effondrement ou du moins une crise sévère dans l’industrie manufacturière en Amérique du Nord. On produit en Chine et ailleurs pour beaucoup moins cher. Naturellement nous nous sommes tournés vers la matière première la plus importante qui soit, l’or gris; nos cerveaux! Pour performer, se démarquer et maîtriser des marchés on doit posséder les meilleurs éléments humains. Or, il n’a jamais été aussi facile de changer de boulot grâce au web en partie. Les Workopolis, Monster ou Linkedin de ce monde permettent à n’importe quel employé de se vendre via le web à un réseau mondial d’entreprises prêtes à les débaucher. Dilemme humain.

Impartition ou non

Pour beaucoup de grandes entreprises la question se pose, le média web évolue à vitesse grand V, les technologies s’y rapportant également, il est devenu hasardeux et coûteux d’avoir une infrastructure web dans l’entreprise quand le core business est tout autre. Par contre, puisque le web est maintenant omniprésent dans toutes les ramifications de l’entreprise (ressources humaines, relation avec les investisseurs, relation avec la clientèle, ventes et services après vente, communication générale etc.) doit-on confier à l’externe des fonctions vitales du fonctionnement de l’entreprise? Dilemme structurel.

Je pourrais en lister encore quelques uns mais ceux-ci m’apparaissent pour l’instant tellement criant que j’ai l’impression d’entendre l’écho du big-bang….technologique!

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